L’intelligence artificielle : progrès ou illusion

L’intelligence artificielle : progrès technologique… ou illusion dangereuse ?
Une promesse d’aide… comme Internet à ses débuts
Lorsque Internet est apparu, il promettait un accès illimité au savoir, une démocratisation de l’information, une aide à la réflexion.
L’intelligence artificielle (IA) arrive aujourd’hui avec le même discours : assistance, optimisation, gain de temps, automatisation.
Des outils comme ChatGPT, Gemini ou d’autres assistants conversationnels sont devenus accessibles à tous. Ils rédigent des textes, répondent à des questions, résument des études, produisent du code.
Mais derrière cette facilité apparente, une question fondamentale se pose :
ces outils comprennent-ils réellement ce qu’ils disent ?
Le problème central : l’absence de raisonnement réel
L’IA actuelle ne « pense » pas.
Elle prédit.
Concrètement, elle analyse d’immenses volumes de données disponibles en ligne et génère la réponse statistiquement la plus probable.
Cela pose un problème majeur : la cohérence globale n’est pas garantie.
Prenons un exemple simple :
Si l’on demande : « Le café est-il bon pour la santé ? »
→ L’IA répondra souvent oui, en évoquant ses antioxydants et certains bénéfices observés.
Si l’on demande ensuite :

« À partir de quelle température un aliment peut-il devenir cancérigène ? »
→ Réponse fréquente : autour de 180 °C pour certaines réactions chimiques.
Or, le café est torréfié à environ 220–240 °C.
L’IA ne reliera pas forcément ces deux informations pour nuancer sa première réponse.
Elle ne détecte pas spontanément la contradiction potentielle.
Pourquoi ?
Parce qu’elle ne raisonne pas en profondeur. Elle assemble des blocs d’informations.
Un être humain, lui, peut :
relier les concepts,
détecter l’incohérence,
questionner la validité,
intégrer le contexte global,
prendre en compte les exceptions.
Cette capacité de résonance intellectuelle et critique reste profondément humaine.
Une illusion d’autorité
L’IA donne des réponses structurées, bien formulées, souvent convaincantes.
Le danger n’est pas qu’elle soit toujours fausse.
Le danger, c’est qu’elle semble certaine.
Or, elle peut :
omettre des variables importantes,
simplifier excessivement,
mélanger des données valides et approximatives,
reproduire des biais présents dans ses sources.
Beaucoup de réponses proviennent indirectement d’informations déjà disponibles en ligne (moteurs de recherche, bases de données, publications numériques). Si ces sources sont imparfaites, la réponse le sera aussi.
Le problème n’est pas l’erreur en soi.
Le problème est la confiance aveugle.
Le risque cognitif : une génération assistée
Un autre enjeu est culturel.
Si chaque question trouve une réponse immédiate, pourquoi réfléchir ?
Si chaque texte peut être généré en quelques secondes, pourquoi apprendre à structurer sa pensée ?
Le risque n’est pas que l’IA rende les gens « bêtes ».
Le risque est qu’elle :
diminue l’effort cognitif,
affaiblisse l’esprit critique,
réduise la capacité d’analyse autonome.
Chez les adultes, cela peut déjà être problématique.
Chez les enfants de 5, 7 ou 10 ans, l’impact pourrait être plus profond.
La confusion entre réel et artificiel
Sur des plateformes comme Instagram ou TikTok, une part croissante des images et vidéos est générée par IA.
Les visuels sont désormais :
hyperréalistes,
émotionnellement puissants,
indiscernables du réel.
Pour un adulte formé à l’analyse critique, cela peut déjà être trompeur.
Pour un enfant, la frontière entre fiction et réalité devient floue.
Une photo crédible n’est plus une preuve.
Une vidéo convaincante n’est plus une garantie.
Nous entrons dans une ère où l’apparence visuelle ne suffit plus pour établir la vérité.
Une bulle financière et énergétique ?
L’IA est aussi une industrie colossale.
Des entreprises comme Nvidia bénéficient fortement de l’explosion de la demande en cartes graphiques et en puissance de calcul.
Mais derrière l’enthousiasme financier se cachent plusieurs réalités :
consommation énergétique massive des centres de données,
investissements de centaines de milliards,
rentabilité encore incertaine pour de nombreux acteurs.
L’IA n’est pas « magique ».
Elle nécessite une infrastructure matérielle lourde, coûteuse et énergivore.
La question légitime est donc :
le modèle économique est-il soutenable à long terme ?
L’IA : outil puissant ou substitut dangereux ?
Il serait excessif de qualifier l’IA uniquement de négative.
Elle peut être :
un outil de rédaction,
un assistant organisationnel,
un accélérateur de recherche,
un support technique.
Mais elle devient problématique lorsqu’elle est utilisée :
comme autorité absolue,
comme substitut au raisonnement humain,
comme source unique de vérité.
L’IA n’est pas intelligente au sens humain du terme.
Elle ne comprend pas.
Elle ne doute pas.
Elle ne ressent pas.
Elle calcule.
Conclusion : un outil, pas une conscience
L’intelligence artificielle n’est ni un démon technologique, ni une révolution salvatrice.
C’est un outil.
Un outil extrêmement puissant.
Mais dépourvu de conscience, de responsabilité et de compréhension réelle.
Le véritable danger ne réside pas dans l’IA elle-même.
Il réside dans l’usage que nous en faisons.
Si nous l’utilisons pour assister notre réflexion, elle peut être utile.
Si nous l’utilisons pour remplacer notre pensée, elle peut devenir dangereuse.
La question n’est donc pas :
« L’IA est-elle bonne ou mauvaise ? »
Mais plutôt :
Sommes-nous encore capables de penser sans elle ?

NCG Daniel Jolliet Sarl
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