Marchés financiers :
Aujourd’hui, les marchés ne sont plus un lieu d’allocation rationnelle du capital.
Ils sont devenus un terrain de jeu dominé par le papier, la liquidité artificielle et la spéculation déconnectée du monde réel.
La création monétaire est massive, quasi illimitée comme au monololy (c’est les Americans qui detiennent la banque pour l’instant)
L’argent circule sans ancrage, sans contrainte physique, sans responsabilité.
Résultat : les prix n’expriment plus la valeur, mais la capacité à manipuler des flux financiers.
L’or : un métal réel pris en otage par le papier
Regardons simplement l’or.
Au 31 décembre 2025, le kilo d’or valait environ 109 000 CHF.
En quelques semaines, il est monté jusqu’à 136 600 CHF, avant de corriger brutalement pour revenir autour de 120 800 CHF.
A noter une augmentation de presque 11% en un mois c’est déjà incroyable.
Ce mouvement n’est pas le signe d’un changement fondamental.
C’est le symptôme d’un marché malade.
Pour une once d’or physique, il existe 300 à 400 onces d’or papier :
ETF, contrats, dérivés, promesses. On achète, on vend, on shorte, on leverage… sans jamais toucher le métal.
L’or, lui, n’a pas changé :
il est rare, limité en quantité sur Terre, détenu par les banques centrales, utilisé comme garantie ultime depuis des siècles.
Ce n’est donc pas l’or qui est volatil. C’est le papier.
L’argent : la manipulation poussée à l’extrême
Si l’or est déformé par le papier, l’argent est complètement dénaturé.
On estime qu’il existe 2 000 à 3 000 onces d’argent papier pour une once physique. C’est absurde. Et dangereux.
L’argent n’est pas seulement une réserve de valeur :
c’est un métal industriel stratégique :
panneaux photovoltaïques, électronique, puces, processeurs, infrastructures liées à l’IA.
La demande physique est telle qu’une commande de 500 kg d’argent
— un volume insignifiant à l’échelle industrielle — nécessite aujourd’hui près de cinq mois de délai de livraison.
Le marché physique est sous tension.
Mais le prix, lui, est dicté par des écrans.
Les corrections violentes ne sont pas des effondrements :
ce sont des retours de réalité dans un système où l’on vend et où l’on achète ce qui n’existe pas.
Vers une séparation inévitable : physique contre papier
À moyen terme, une séparation entre les marchés physiques et papier de l’or et de l’argent est inévitable.
Le problème n’est pas seulement de vendre ce que l’on ne possède pas.
Le problème est aussi de pouvoir acheter, sur le papier, des volumes gigantesques sans qu’il y ait le moindre métal disponible en face.
Tant que le papier peut être acheté et vendu sans limite, le prix n’est plus un signal économique.
Il devient un produit de levier, de flux et d’arbitrage. À un moment donné, le marché devra choisir :
soit reconnaître le prix du métal livrable, soit continuer à faire semblant.
Le papier peut fixer le prix un temps.
Mais le physique finit toujours par imposer la vérité.
Actions : quand la valeur disparaît derrière la spéculation
Les marchés actions suivent exactement la même trajectoire.
Aujourd’hui, on échange des actions que l’on ne détient pas, via des futures, options, CFD, ventes à découvert. L’entreprise réelle disparaît derrière l’instrument financier.
En théorie, une action devrait refléter :
la valeur de l’entreprise, sa capacité à générer du profit, la solidité de son bilan.
En pratique, certaines sociétés affichent des capitalisations délirantes, sans bénéfices, avec des dettes massives, et des profits hypothétiques annoncés pour 2028 ou 2029.
On ne valorise plus une entreprise.
On parie sur une narration.
Cryptomonnaies : l’erreur fondamentale de la comparaison avec l’or
Assimiler le Bitcoin ou l’Ethereum à de l’or est une erreur conceptuelle majeure.
Une cryptomonnaie : ne repose sur aucun actif physique, n’a pas d’usage industriel,
est produite par une dépense énergétique, rien de plus.
Dire que c’est de « l’or numérique » n’a aucun sens économique.
L’or est :
tangible,
indestructible,
non oxydable,
stocké par les banques centrales,
utilisé dans l’industrie, la technologie, la joaillerie.
Comparer des cryptos à l’or, ce n’est pas une opinion.
C’est une confusion.
On peut spéculer sur une crypto.
On ne peut pas la remplacer par de l’or.
Conclusion : le réel finit toujours par reprendre le dessus
Les marchés actuels sont dominés par des actifs dématérialisés, des promesses et des instruments qui tournent sur eux-mêmes.
Mais l’histoire économique est claire :
le papier peut gonfler,
la narration peut séduire,
la spéculation peut durer.
À la fin, ce sont toujours les actifs réels, rares et tangibles qui survivent.
Le papier impose le prix.
Le physique impose la vérité.
le 30 janvier 2026
Daniel Jolliet