L’aspirateur SpaceX : pourquoi l’or pourrait repartir à la hausse
Ces dernières semaines, le marché de l’or a connu une correction qui a surpris de nombreux investisseurs.
Après avoir atteint des sommets proches de 130 000 CHF le kilo,
le métal jaune est redescendu jusqu’aux environs de 104 000 CHF avant de rebondir autour de 110 000 à 111 000 CHF.
Pour certains observateurs, cette baisse est en partie liée à l’introduction en bourse très attendue de SpaceX.
L’opération a attiré des capitaux considérables, poussant de nombreux investisseurs à vendre une partie de leurs positions en or et en argent
afin de participer à cette nouvelle opportunité. Un véritable « aspirateur à liquidités ».
Pour autant, si l’on prend un peu de recul, la situation n’a rien de catastrophique. En fin d’année dernière, l’or évoluait déjà autour de 109 000 CHF le kilo.
Malgré la correction récente, le métal précieux reste donc en territoire positif sur une période plus longue.
Et surtout, les fondamentaux qui soutiennent l’or n’ont pas disparu.
L’inflation montre à nouveau des signes de reprise, aussi bien aux États-Unis qu’en Europe.
Les prix de l’énergie restent élevés et les tensions sur les matières premières demeurent importantes.
Même si un accord entre les États-Unis et l’Iran devait se concrétiser et contribuer à une détente géopolitique,
il faudrait encore du temps avant que le pétrole supplémentaire arrive sur les marchés, soit raffiné et produise des effets concrets sur les prix à la pompe.
Dans l’intervalle, les ménages continueront probablement à subir des coûts élevés pour l’énergie,
les transports et de nombreux biens de consommation. Cette situation alimente naturellement l’attrait des actifs considérés comme des valeurs refuges.
À cela s’ajoute un autre problème majeur : l’endettement massif des États occidentaux.
Lors du G7, plusieurs dirigeants ont évoqué de nouveaux plans de soutien et des engagements financiers considérables.
Sur le papier, distribuer des milliards semble relativement simple. Dans la réalité, la situation est beaucoup plus complexe.
Les États-Unis disposent d’un avantage unique : le dollar reste la principale monnaie de réserve mondiale.
Washington bénéficie ainsi d’une capacité de financement que peu de pays possèdent.
L’Europe, en revanche, ne dispose pas de cette flexibilité. Des pays comme la France font déjà face à une dette publique colossale
tout en devant financer simultanément leur système de santé, leur éducation, leur transition énergétique, leurs infrastructures et leurs dépenses militaires.
La marge de manœuvre budgétaire devient donc de plus en plus limitée.
Parallèlement, la guerre entre la Russie et l’Ukraine continue d’alimenter l’incertitude. Le conflit entre dans une phase plus complexe où
les capacités technologiques, notamment l’utilisation de drones de longue portée, modifient progressivement l’équilibre des forces.
Les infrastructures énergétiques, les raffineries et d’autres sites stratégiques demeurent des cibles privilégiées, maintenant une forte tension sur les marchés.
Mais l’un des éléments les plus importants pour l’or se trouve peut-être ailleurs : dans l’évolution du système monétaire international.
Depuis plusieurs années, les pays des BRICS cherchent à réduire leur dépendance au dollar américain.
Sans parler encore d’un remplacement du billet vert, de nombreuses initiatives visent à développer les échanges commerciaux
dans des monnaies nationales ou dans des mécanismes de paiement alternatifs.
L’Iran pourrait lui aussi vendre une partie de son pétrole dans d’autres devises que le dollar.
Ce phénomène reste encore limité, mais il participe à une tendance de fond : la diversification progressive du commerce international.
Or, historiquement, lorsque la confiance dans le dollar diminue ou que celui-ci s’affaiblit, l’or a tendance à se renforcer.
C’est pourquoi de nombreux investisseurs continuent de considérer la correction récente comme une simple pause dans une tendance haussière de long terme.
Entre l’inflation persistante,
l’endettement record des États,
les tensions géopolitiques,
les incertitudes énergétiques et la remise en question progressive de l’hégémonie du dollar, l
es arguments favorables à l’or restent nombreux.
L’IPO de SpaceX a peut-être temporairement aspiré une partie des capitaux du marché des métaux précieux.
Mais une fois cet effet dissipé, les raisons qui ont poussé l’or vers ses records historiques sont toujours présentes.
Pour cette raison, il est tout à fait possible que les sommets observés ces derniers mois ne soient pas les derniers.
C’est le moment d’accumuler à nouveau
Daniel Jolliet
18 juin 2026
